Les lagons réunionnais constituent l’un des écosystèmes marins les plus accessibles et fascinants de l’océan Indien. Protégés par la barrière récifale, ces milieux offrent une eau calme et peu profonde où poissons récifaux, crustacés, mollusques et échinodermes évoluent dans un véritable aquarium naturel, un écosystème fragile mais fascinant.
Que vous soyez snorkeleur débutant, photographe sous-marin ou passionné de nature, ce petit guide vous permettra d’identifier quelques espèces emblématiques du lagon et de mieux comprendre leur rôle écologique.
Où observer les poissons du lagon à La Réunion ?
Le lagon de l’Hermitage
Très fréquenté et apprécié des familles, le lagon de l’Hermitage séduit par son vaste arrière-plage ombragé de filaos et ses eaux calmes peu profondes, idéales pour l’initiation au snorkeling et la baignade des enfants. Les week-ends, l’endroit devient un véritable lieu de vie où les habitants se retrouvent pour partager pique-niques et moments conviviaux en bord de lagon.
Le lagon de La Saline
Plus discret et propice à la détente, le lagon de La Saline offre une atmosphère paisible parfaite pour alterner observation sous-marine et repos sur le sable. La proximité des restaurants et établissements de plage permet de profiter facilement d’une pause gourmande ou d’un moment de relaxation face au lagon, dans une ambiance tropicale.
Le lagon du Trou d’Eau
Prolongement naturel de la zone lagonaire ouest, Trou d’Eau se distingue par ses cocotiers majestueux et la diversité des activités nautiques proposées. Kayak transparent, paddle ou simple snorkeling permettent d’explorer un lagon riche en poissons et invertébrés. Lorsque le vent se lève, la zone devient également prisée par les amateurs de glisse.
Les lagons de Saint-Leu
À Saint-Leu, deux plages protégées par la barrière corallienne permettent de profiter du lagon dans des ambiances différentes : une plage de sable clair au cœur de la commune et, plus au sud, une plage volcanique ombragée où habitants et visiteurs pratiquent beach-volley, pétanque ou baignade dans un cadre convivial.
Lagon de Saint Pierre
Protégé par la barrière récifale, le lagon de Saint-Pierre se caractérise par une eau claire et peu profonde propice à l’observation des poissons tropicaux. Son accès facile et sa baignade sécurisée en font un site apprécié des familles et des snorkeleurs débutants.
Quel que soit le site choisi, les journées au lagon se terminent souvent dans une atmosphère typiquement réunionnaise, autour d’une rondavelle en bord de plage, à contempler le coucher de soleil sur l’océan Indien après une session snorkeling riche en observations.
L’écosystème du lagon réunionnais : un récif vivant
Le lagon repose sur un équilibre fragile entre :
- coraux bâtisseurs
- herbiers marins
- zones sableuses
- patates récifales
- microfaune benthique
Cette mosaïque d’habitats explique la richesse biologique exceptionnelle observée.
Le récif agit comme une barrière naturelle contre la houle et crée un environnement idéal pour la reproduction et la croissance de nombreuses espèces.
Pourquoi les lagons réunionnais sont un aquarium naturel ?
Les lagons protégés par la barrière corallienne offrent :
- eau calme et peu profonde
- coraux et patates récifales
- herbiers et zones sableuses
- forte biodiversité observable sans plongée
Conditions idéales pour le snorkeling et la photographie sous-marine.
Le lagon : une nurserie marine
Le lagon de La Réunion joue un rôle essentiel de nurserie pour de nombreuses espèces marines. Protégé par la barrière récifale, cet environnement calme et peu profond offre des conditions idéales pour la reproduction et le développement des jeunes individus.
De nombreux poissons récifaux viennent y pondre leurs œufs ou y déposer leurs larves. Après l’éclosion, les juvéniles trouvent dans le lagon un habitat riche en nourriture et en micro-refuges, notamment parmi les herbiers, les patates coralliennes et les zones sableuses.
Cette complexité d’habitats constitue également un refuge contre les prédateurs, permettant aux jeunes poissons, crustacés et mollusques de grandir avant de rejoindre le récif externe ou le large.
Le rôle écologique du lagon est donc majeur : en assurant la survie des juvéniles et le renouvellement des populations, il participe directement à la santé globale des récifs coralliens et au maintien de la biodiversité marine de l’océan Indien.
Quelques chiffres clés sur les lagons réunionnais
Les lagons de La Réunion présentent une biodiversité remarquable :
- environ 25 km de récifs coralliens
- plus de 3 500 hectares de lagon
- près de 190 espèces de coraux
- plus de 600 espèces de poissons récifaux
- plusieurs dizaines d’espèces d’échinodermes et crustacés
- présence régulière de tortues marines protégées
Cette richesse biologique place les récifs réunionnais parmi les écosystèmes marins les plus diversifiés de l’océan Indien occidental.
Les meilleurs moments pour observer les animaux du lagon
Pour maximiser les observations en snorkeling :
Marée haute
- meilleure profondeur
- accès aux zones récifales
- plus de poissons actifs
Matin tôt
- eau souvent plus claire
- activité alimentaire des poissons
- lumière idéale pour photo sous-marine
Fin d’après-midi
- comportements de chasse de certaines espèces
- activité accrue des murènes et prédateurs
Mer calme et faible houle
- visibilité optimale
- sécurité accrue
Les jours sans vent et avec forte luminosité offrent généralement les meilleures conditions d’observation.
Snorkeling dans le lagon à La Réunion : matériel recommandé
Le snorkeling dans les lagons réunionnais ne nécessite pas d’équipement complexe, mais disposer d’un matériel adapté permet d’améliorer le confort, la sécurité et la qualité d’observation de la faune récifale.
Masque et tuba
Un masque bien ajusté garantit une bonne étanchéité et une vision claire sous l’eau, essentielle pour observer poissons et invertébrés sans effort. Le tuba, idéalement équipé d’une protection anti-éclaboussures, facilite la respiration en surface et permet de se concentrer sur l’observation.
Palmes courtes
Les palmes courtes sont particulièrement adaptées aux lagons peu profonds. Elles offrent une propulsion efficace tout en limitant les risques de contact avec le fond ou les coraux, contribuant ainsi à la protection du récif.
Protection solaire et thermique (lycra ou combinaison UV)
Un tee-shirt anti-UV ou une combinaison fine protège du soleil tropical, des irritations éventuelles et des contacts accidentels avec certains organismes marins. Cette solution constitue aussi une alternative écologique à l’usage excessif de crème solaire.
Crème solaire reef-safe
Lorsque l’utilisation de crème solaire est nécessaire, privilégier les formules respectueuses des récifs coralliens (sans oxybenzone ni octinoxate). Elles limitent l’impact chimique sur les coraux et la microfaune du lagon.
Avec cet équipement simple, le snorkeleur peut évoluer confortablement en flottabilité, profiter d’une meilleure visibilité et observer la biodiversité du lagon tout en réduisant son impact sur cet écosystème fragile.
Quelques animaux emblématiques du lagon
Poissons
- Poisson-clown
- Poisson-papillon
- Poisson-ange
- Idole des Maures
- Poisson-chirurgien
- Poisson-licorne
- Poisson-perroquet
- Demoiselles, grégoires et sergents-majors
- Capucins
- Balistes
- Murènes
- Gobies et blennies
- Labres et girelles
- Capitaines et vivaneaux
- Poissons flûtes et trompettes
Invertébrés
- Oursins
- Holothuries
- Nudibranches
- Gastéropodes
- Crabes coureurs et fantômes
- Bernard-l’hermite
- Crevettes récifales
Les poissons récifaux du lagon : rôle et comportements
Les poissons colorés
Poissons-clowns
Ils vivent en symbiose avec les anémones qui leur offrent protection contre les prédateurs. En échange, ils nettoient et ventilent leur hôte.

Poissons-papillons
Souvent observés en couple, ils se nourrissent de polypes coralliens et constituent des indicateurs précieux de la santé du récif.

Poissons-anges
Reconnus pour leurs motifs spectaculaires, ils fréquentent les zones coralliennes riches en éponges.
Idole des Maures
En couples ou en petits groupes, il se nourrit d’éponges, d’algues et de petits invertébrés. Souvent confondu avec le poisson-cocher.

Les jardiniers du récif
Poissons-chirurgiens
Leur alimentation herbivore permet de limiter la prolifération d’algues, favorisant la croissance corallienne.
Poissons-perroquets
Grâce à leur bec puissant, ils broient le corail mort et contribuent à la production de sable fin tropical.
Le saviez-vous ?
Un poisson-perroquet peut produire jusqu’à 2 tonnes de sable par an, d’où leur rôle majeur dans l’écosystème.

Poissons-licornes ou nasons
Souvent en groupe, ils participent eux aussi au contrôle des algues.

Les poissons territoriaux et benthiques
Demoiselles, grégoires et sergents-majors
Très territoriaux, ils cultivent parfois de véritables “jardins d’algues”. Ils n’hésitent pas à défendre leurs territoires contre les intrus, surtout en période de reproduction.
Gobies et blennies
Petits poissons de fond, ils occupent des niches écologiques essentielles et entretiennent le substrat.
Les mérous
Les mérous sont des grands prédateurs benthiques. Cachés dans un trou, ils chassent à l’affût, poissons, crustacés et mollusques. Sédentaires et territoriaux, leur population est en déclin.
Les prédateurs récifaux
Les Murènes
Elles passent la plupart de la journée cachées dans des crevasses, grottes, cailloux, ne laissant dépasser que leur tête bombée, gueule grande ouverte, dents dehors, effrayantes …Elles ouvrent et ferment leur gueule pour faciliter le passage de l’eau dans leurs branchies pour respirer. Elles chassent de nuit grâce à leur odorat développé. Elles se nourrissent de crevettes, crabes, céphalopodes et de poissons.
Craintives et non agressives, elles n’aiment pas être dérangées (attention aux morsures).

Capitaines, vivaneaux
Chasseurs opportunistes, souvent visibles en bancs près des zones sableuses.
Les capitaines, carnivores, ils fouinent, plutôt la nuit, aux alentours des fonds sableux et des herbiers à la recherche de crustacés et de mollusques.
Les vivaneaux sont sédentaires et territoriaux, ils vivent en bancs, carnivores, ils se nourrissent de petits poissons, zooplancton, mollusques et crustacés.
Carangues
Rapides et puissantes, elles fréquentent les passes et zones ouvertes du lagon.

Poissons au comportement particulier
Balistes
Pendant la reproduction, les mâles défendent un territoire conique autour du nid et peuvent charger les plongeurs.
L’éloignement calme et en diagonale vers la surface est recommandé pour éviter toute morsure.

Labres et girelles
Espèces souvent hermaphrodites avec des changements de couleur et de sexe fascinants.
Poissons flûtes et trompettes
Prédateurs discrets utilisant le camouflage pour approcher leurs proies.

Les invertébrés du lagon : acteurs essentiels de l’écosystème
Échinodermes
Oursins
Véritables « hérissons des mers », ce sont des animaux benthiques qui se déplacent à l’aide de leurs piquants et se maintiennent grâce à leurs pieds (podia). Ils n’ont ni yeux ni véritable cerveau. La bouche est au milieu de la face inférieure et possède un organe masticateur puissant constitué de 5 dents. Ils participent au contrôle des algues mais constituent aussi un risque de piqûre pour les marcheurs.
Holothuries
Appelées aussi « concombre de mer », animaux benthiques au corps mou, cylindrique et allongé. Véritables aspirateurs du sable, détritivores, elles ingèrent le sable pour en extraire la matière organique, après une longue digestion, elles rejettent des petits boudins de sable tout propre !
Le saviez-vous ?
Elles traitent environ 45 kg de sable par an, d’où leur rôle fondamental dans l’écosystème.

Nudibranches

Mollusques gastéropodes marins sans coquille, appelées aussi « limaces de mer », ils arborent des formes et des couleurs remarquables et fascinantes, ils sont très recherchés par les photographes macro. Ils s’avèrent être de véritables prédateurs, généralement carnivores, ils consomment des hydraires, éponges, coraux et anémones …
Les couleurs vives avertissent les prédateurs de leur toxicité.
Gastéropodes
Du coquillage discret aux espèces prédatrices, leur diversité est remarquable : porcelaine, conidés, térébridés, lambis, nerite, patelle, ormeaux, …
Bivalves
Mollusques aquatiques, leur corps est totalement enfermé dans une coquille qui s’ouvre en 2 : huître, lucine ou encore les bénitiers.

Crustacés
Crabes (entre autres : crabes coureurs, nageur, boxeur, porcelaine, fantômes…)
Observés sur les plages et zones sableuses, ils jouent un rôle dans la décomposition de la matière organique.
Bernard-l’hermite
Charognards et détritivores, ils participent grandement au nettoyage des plages et recyclage des coquilles.
Crevettes
Les crevettes sont des crustacés aquatiques décapodes. Elles sont des nettoyeuses de la mer, elles se nourrissent de restes de poissons, de vers, d’algues … Certaines vivent en symbiose avec des poissons et anémones.
Les grandes rencontres du lagon
Le lagon offre parfois des observations mémorables
- Tortues marines, à la Réunion vous pouvez voir des tortues imbriquées ou des tortues vertes.

- Raies posées sur le sable : raie fouet, raie aigle ou encore une raie pastenague
- Bancs de carangues en chasse
Ces rencontres nécessitent une distance respectueuse pour éviter le stress animal
Les principaux dangers naturels du lagon
Le lagon reste un environnement naturel nécessitant vigilance :
- Poisson-pierre : camouflage parfait sur le substrat, piqûre très douloureuse
- Raies pastenagues : risque de piqûre défensive si piétinement
- Oursins : piquants fragiles pouvant rester sous la peau
- Balistes en ponte : comportement territorial temporaire
- Coraux : coupures possibles
La meilleure prévention consiste à conserver une bonne flottabilité et éviter tout contact avec le fond.
Observer sans impacter le récif
- ne pas toucher les coraux
- ne pas marcher sur le récif ni monter dessus
- garder ses distances avec la faune et la flore
- utiliser de la crème solaire reef-safe (logo d’un corail)
- ne pas nourrir les poissons
- ne rien prélever
Conseils snorkeling pour observer la faune du lagon
- privilégier la flottabilité
- éviter le contact avec le fond
- observer lentement, laisser vous porter
- respecter les zones de reproduction et les zones autorisées
- utiliser de la crème solaire reef-safe (logo corail) ou un tee-shirt anti-UV.
Menaces sur la biodiversité du lagon
- réchauffement climatique
- blanchissement corallien
- pollution terrestre
- piétinement du récif
- surfréquentation touristique
La sensibilisation des visiteurs constitue un levier majeur de protection.
Un lagon protégé au cœur de la réserve marine
Le lagon réunionnais est en grande partie intégré à la Réserve Naturelle Marine de La Réunion, créée en 2007 afin de préserver les récifs coralliens et la biodiversité associée.
La Réserve Naturelle Marine de La Réunion s’étire sur 40 km de côtes, du Cap Lahoussaye à Saint-Paul à la Roche aux Oiseaux à L’Étang-Salé.
Cette aire protégée met en place :
- des zones de protection renforcée
- une réglementation de la pêche
- des programmes scientifiques de suivi des coraux et des poissons
- des actions de sensibilisation du public
Cette gestion contribue à maintenir l’équilibre écologique du lagon, essentiel pour la reproduction et la survie de nombreuses espèces récifales.
Découvrir le lagon avec des acteurs locaux engagés
La découverte du lagon peut également se faire aux côtés d’acteurs locaux investis dans la transmission et la protection du patrimoine réunionnais, comme l’association Association KOSA.
Engagée dans la valorisation et la sauvegarde des patrimoines naturels et culturels de La Réunion, l’association propose notamment :
- des sorties de découverte du sentier marin
- des explications sur les espèces du lagon
- des actions de sensibilisation à la protection du récif
- une approche mêlant nature, culture et transmission des savoirs locaux
Ces initiatives permettent d’observer la biodiversité du lagon tout en mieux comprendre son rôle écologique et culturel.
Le suivi scientifique des récifs permet d’évaluer l’état de santé des coraux et l’évolution des populations de poissons. Les récifs réunionnais sont étudiés dans le cadre de programmes scientifiques de suivi écologique menés par des organismes locaux.
FAQ
Quels poissons voir dans le lagon à la Réunion ?
Poissons-clowns, chirurgiens, perroquets, balistes, murènes, demoiselles, labres et carangues figurent parmi les espèces les plus observées.
Peut-on voir des tortues dans le lagon ?
Oui, les tortues fréquentent régulièrement les herbiers et zones sableuses du lagon.
Les balistes sont-ils dangereux ?
Non, mais les mâles peuvent devenir territoriaux pendant la ponte et charger pour défendre leurs nids.
Peut-on voir des murènes en snorkeling ?
Oui, elles sont souvent visibles dans les rochers et patates récifales.
Pourquoi les holothuries sont importantes ?
Elles recyclent le sable et maintiennent la qualité écologique du lagon.
Quels animaux non poissons peut-on observer ?
Oursins, holothuries, nudibranches, gastéropodes, crabes, bernard-l’hermite et crevettes sont très fréquents.
Le snorkeling est-il adapté aux débutants ?
Oui, les lagons réunionnais offrent des conditions calmes idéales pour débuter.
Le lagon est-il adapté aux enfants ?
Oui, grâce à ses eaux calmes et peu profondes.
Conclusion — Un trésor marin à observer avec respect
Les poissons et animaux du lagon réunionnais offrent une immersion unique dans un véritable écosystème récifal peu profond accessible à tous. Entre poissons multicolores, invertébrés fascinants et rencontres occasionnelles avec tortues ou raies, chaque sortie snorkeling révèle la richesse exceptionnelle de cet écosystème.
Au-delà de sa beauté, le lagon joue un rôle écologique majeur : nurserie marine, barrière protectrice contre la houle et réservoir de biodiversité pour l’ensemble du récif corallien.
Cependant, cet équilibre reste fragile face au changement climatique, à la pollution et à la pression touristique. L’observation responsable constitue donc un levier essentiel de préservation.
Flotter sans toucher, admirer sans déranger et respecter les règles locales.
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